Page 14 - La Lanterne n°56
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Histoire
Deux cents ans
d’histoire locale rochecorbonnaise
L’histoire locale a été écrite avec le temps, page par page, chaque auteur
s’appuyant sur les travaux de ses devanciers auxquels il ajoutait ses propres
recherches et découvertes. Car l’histoire n’est pas figée : un texte oublié, un
document inédit ou une photographie ancienne peuvent nous amener à rec-
tifier ou modifier notre vision.
Concernant l’histoire de Rochecorbon, il est amusant de remarquer que de-
puis 200 ans elle a progressé tous les demi-siècles : 1828, 1878, 1920-1930,
1976 et aujourd’hui.
1828 – Le premier historien qui nous éclaira est Jean-Louis Chalmel qui abor-
da, en 1828, dans son Histoire de la Touraine depuis la conquête des Gaules
par les Romains, jusqu’à l’année 1790, la Lanterne et le premier seigneur des
lieux, Corbon. Il écrivait : « 1095 – Robert des Roches, petit-fils de Corbon, fait
construire dans l’un des angles de son château la tour carrée qu’on nomme
la lanterne de Rochecorbon, dont le but était de correspondre, au moyen de
feux-signaux, avec la garnison de la tour d’Amboise, dans la crainte d’être de
nouveau surpris par Foulques-Réchin ». Bon, tout est à peu près erroné dans
cette phrase. Il n’empêche que c’est cette fausse date de 1095 qui permit le
classement de la Lanterne dès 1840 ! Aujourd’hui, on sait qu’elle ne fut érigée
que vers 1472 et que son classement reste pleinement mérité, comme seul
vestige d’un puissant château-fort médiéval.
1878 – Cinquante années plus tard, plusieurs auteurs abordèrent l’histoire de
Rochecorbon dans les bulletins de la Société archéologique de Touraine. Ci-
tons principalement François-Xavier Carré de Busserole qui dans son Diction-
naire géographique, historique et biographique d’Indre-et-Loire paru à partir
de 1878, nous donna nombre d’informations toujours utiles aujourd’hui.
1920-1930 – À nouveau cinquante années après, le premier auteur qui consacra une
publication à notre commune est son curé Auguste Savoie qui au fil de ses bulle-
tins paroissiaux, pendant plus de dix ans, recompila et arrangea tout ce qui avait été
précédemment publié. En mai 1921, il disait : « Écrire l’histoire de Rochecorbon me
paraîtrait prétentieux si l’on avait d’autre but que celui d’être agréable aux habitants
et de les attacher aux choses qu’ils voient, aux antiquités qu’ils côtoient ». Ses textes
sont toutefois marqués par une vision religieuse appuyée, n’hésitant pas à remonter
à Abraham pour trouver l’origine des peuplades gauloises de Rochecorbon : c’est
qu’il s’agissait d’une requête des évêques adressée à leurs curés pour leur deman-
der, après la difficile loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État, de raconter
l’histoire non de leur commune, mais de leur paroisse.
Ces bulletins paroissiaux reprenaient certaines erreurs qui pourtant avaient été cor-
rigées depuis . Ils marquèrent toutefois assez la population pour qu’on puisse en
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retrouver une partie dans le cours d’« histoire de Rochecorbon », donnés aux élèves
de notre commune, dans les années cinquante à soixante-dix.
1 D’autre part, on peut également remarquer que les anciennes paroisse et commune de Saint-Georges n’y furent
jamais abordées...
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